
Loi Duplomb 3 : ce qui vient de changer pour les pesticides, et ce que ça veut dire pour les abeilles
Le 21 juillet 2026, le Sénat a définitivement adopté la loi Duplomb 3. Deux pesticides interdits depuis 2020 font leur retour, sur certaines cultures. On vous explique simplement ce que ça change, et pourquoi ça concerne les abeilles.
Le 21 juillet 2026, le Sénat a voté définitivement la loi Duplomb 3. Derrière ce nom qui sonne comme un épisode de série, il y a un sujet qui mérite d'être compris plutôt que juste commenté : la réautorisation, sur certaines cultures, de deux insecticides interdits en France depuis 2020.
Un texte qui revient pour la troisième fois
Petit retour en arrière. En 2025, une première loi réautorisait l'acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. Le Conseil constitutionnel a retoqué cette mesure en août 2025. Fin janvier 2026, une nouvelle version est déposée, avec quelques garde-fous en plus : avis obligatoire de l'ANSES, retrait automatique en cas de risque grave avéré, et un usage limité à quatre cultures précises (betteraves sucrières, noisettes, pommes, cerises). Après un passage par le Conseil d'État et plusieurs mois de débats, le texte a fini par être adopté le 21 juillet 2026.
Concrètement, qu'est-ce que ça autorise ?
Deux insecticides, l'acétamipride et le flupyradifurone, redeviennent utilisables, pour une durée limitée et uniquement sur les cultures listées plus haut. Ce n'est pas un retour généralisé des néonicotinoïdes, chaque usage reste soumis à l'avis de l'ANSES. Mais pour beaucoup de monde, y compris dans la communauté scientifique, ces garde-fous restent insuffisants. Le sujet a d'ailleurs rassemblé plusieurs centaines de milliers de signatures sur des pétitions d'opposition.
Pourquoi ça touche particulièrement les abeilles
Les néonicotinoïdes ont une particularité : ce sont des insecticides systémiques. La plante les absorbe entièrement, racines comprises, et on les retrouve jusque dans le pollen et le nectar, pas juste à la surface des feuilles. Chez les insectes, ils agissent sur le système nerveux. À forte dose, c'est mortel. Mais ce qui inquiète le plus les chercheurs, ce sont les effets à faible dose : une abeille désorientée, qui a du mal à retrouver sa ruche après avoir butiné, une mémoire ou une capacité d'apprentissage affaiblies, un système immunitaire fragilisé. Ça s'ajoute à d'autres facteurs déjà bien documentés (perte d'habitats, varroa, frelon asiatique, dérèglement climatique). En France, la mortalité hivernale des colonies a atteint 25,6 % sur la période 2022-2023, un chiffre qui donne une idée assez concrète de la pression que subissent déjà les colonies.
Ce qu'on peut faire, à son échelle
On n'a pas vraiment de prise sur un vote au Sénat. Mais il reste des choix simples et à la portée de tout le monde : quand c'est possible, privilégier les fruits et légumes issus de filières bio ou de circuits courts, en particulier pour les cultures concernées par ces dérogations (betteraves, noisettes, pommes, cerises), et limiter sa consommation de produits ayant eu recours à ces molécules quand une alternative existe. Ce n'est pas non plus une solution miracle, mais chaque choix de consommation pèse, à sa mesure, dans la demande adressée aux filières agricoles. Et c'est un peu la même logique qui nous anime chez Beenome depuis le début : pas de grand geste spectaculaire, mais des actions concrètes, qui s'additionnent.



